On ne parle que de lui. On l’aime, on l’abhorre. Trop « main stream » pour certains, pas assez réaliste pour d’autres. Trop populaire, trop populiste, quand les opposants à cette pensée le jugeront pertinent, intimiste et touchant. Depuis que le jury du Festival de Cannes, avec à sa tête Sean Penn a pris tout le monde à contre-pied en lui offrant la palme d’or, Entre les murs, l’adaptation cinématographique d’un roman de François Bégaudeau, lui même acteur de son propre rôle dans ce film, est au cœur de toute les discussions. Entrons donc de plain pied dans le débat.
La question cinématographique n’est pas la plus intéressante. Un montage chronologique, une caméra au poing pour réalisme, des plans en cascade pour donner du rythme quand la scène montre des personnages assis en parlant : Entre les murs ne révolutionne pas la technique cinématographique sans pour autant lui faire déshonneur. Le jeu des acteurs a tellement été évoqué qu’il serait inutile d’en rajouter, ces adolescents jouent ce qu’ils savent faire de mieux : leur quotidien.
Finalement tout l’enjeu du film réside dans les enjeux pédagogiques qui y sont exposés, car ils posent un ensemble de questions essentielles pour l’avenir de l’Education Nationale, mais aussi dans le point de vue qu’entend prendre le film, plus ambigu qu’il n’y paraît au final.
Pour ceux qui ne connaissent pas le monde de l’Education Nationale et qui se réfèrent à l’image d’Épinal de l’élève assis sagement à son bureau en levant le doigt, la choc a dû être terrible. Les élèves d’aujourd’hui n’ont plus rien à voir avec ceux d’hier. Truisme certes, mais que le film a l’occasion de mettre en images, et de montrer ce que d’aucuns nient.