Le vote de jeudi soir qui avait provoqué une montagne de palabres a accouché d’une souris : on n’en sait pas beaucoup, plus sur les positions dominantes du parti socialiste. Et plus que jamais une culture d’égo s’est instituée dans un parti qui se fissure petit à petit. Pour François Bayrou, il n’y a finalement qu’un seul perdant, et pas de gagnant.
Il est vrai que le grand perdant reste Bertrand Delanoë qui au printemps dernier avait voulu ringardisé l’ancienne candidate à la présidentielle en lançant en pâture être « libéral et socialiste». Anticipant mal la faillite de notre système économique dans un mois d’octobre noir, sa boutade lui revint tel un boomerang et il y a fort à parier que dans les 19% de Benoît Hamon, bon nombre de voix ont quitté son escarcelle pour nourrir celle du député européen.
Alors pourquoi François Bayrou explique qu’il n’y a pas de vainqueur, quand Ségolène arrive en tête, presque à la surprise générale et que Benoît Hamon obtient un score impressionnant sur l’aile gauche du Parti ?
Tout simplement parce que Ségolène Royal n’a aucune réserve de voix. Le TSS (Tout sauf Ségolène) continue de battre son plein. La différence avec novembre c’est que les adhérents à 20 euros sont partis pour la plupart. De 62% d’approbation, elle est passée à 29%. D’où son idée la veille du scrutin de « rembourser » les adhésions de ceux qui n’auraient pas les moyens… Manœuvre démagogique qui montrait bien que Ségolène n’était plus en position de force avec la base qui l’avait portée sur la vague présidentielle.
Et cet isolement se calcule en une question, fondamentale, sur laquelle seule elle et Hamon ont déjà tranché : celle de l'ouverture avec le Mouvement Démocrate.